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Un petit mot de Stan

Il y a 4 jours nous quittions New-York et sa chaleur. Nous laissions derrière nous les lumières de Coney Island s'éloigner et les premiers embruns nous rafraîchir enfin. Une première nuit tonique, où plongés dans la brume, il nous fallait éviter les étraves fantômes des pêcheurs et leurs casiers. Puis ce fût le temps d'une première journée de pétole..pas grand chose à faire si ce n'est essayer différentes combinaisons de voiles. Conrad ne lâche rien et se bat pour saisir le moindre souffle pour s'extirper de ce marasme anticyclonique. Dès le deuxième jour je perds la notion du temps. On parle désormais en heure UTC, repère terrien bien utile mais totalement abstrait. Conrad me dit qu'il faut maintenant uniquement écouter son corps. Manger quand l'on a faim, dormir quand le sommeil frappe nos paupières. Troisième jour, nous croisons nos concurrents malchanceux qui ont enfin pu repartir de Newport. Un sourire enfantin s'empare de moi quand je vois voler devant l'étrave mon premier poisson volant. Un peu plus tôt, une vision surréaliste d'une baleine surgissant des flots dans les airs à moins d'un demi-mille . Et puis dans l'après-midi, enfin un peu de pression dans nos voiles..entre 13 et 17nds pendant 4 heure.à 50° du vent apparent notre compagnon va plus vite que le vent. Ces 4 heures de glisse suffisent à effacer de notre mémoire les longues heures difficiles de calmes. Je me surprends à être en phase avec ce bateau, à prendre conscience de sa taille, de sa force, et de sa faiblesse face à l'océan qui s'étale devant nous. Le soleil se couche dans notre sillage..cap à l'Est. Une « sieste » de 6 heures vient de me faire gagner l'oreiller d'or! Stan


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