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Nouvelles du bord, jour 28: départ de feu!

C'est dingue comme les choses peuvent très rapidement devenir hors de contrôle. Je voyais Arnaud (Boissières) sur l'horizon et j'étais heureux d'empanner loin de lui dans 30 noeuds de vent. Je suis rentré dans le bateau et là, à l’intérieur j’ai senti comme une odeur de plastique. Je pensais à un problème avec les batteries. J’ai donc regardé tout le système électrique et j’ai réalisé des tests sur mon ordi, mais rien à signaler. Peut-être que mon imagination me jouait un tour ?


Je suis sorti prendre un ris, mais en entrant de nouveau à l’intérieur du bateau j’ai vu une épaisse fumée noire et des flammes qui sortaient de derrière la table à cartes ! J’ai pris la couverture anti-feu pour étouffer les flammes, en ne prêtant pas attention aux chocs électriques et aux brûlures que je subissais car je tenais désespérément à sauver mon bateau. Les flammes éteintes, j’ai entendu un bip du pilote automatique. Et là, mon monde s’est retourné...


Les câbles brûlés à côté du régulateur avaient court-circuité le pilote automatique… et le bateau est parti à l’abattée, pendant que moi, à l’intérieur, j'avais les mains pleines de plastique fondu. Les ballasts et la quille basculante font que ces bateaux sont instables quand les choses se passent mal, car tout le poids se trouve du même côté et après cet empannage brutal, le bateau voulait chavirer ! En sortant, j’ai vu que le bateau gitait à 80 degrés, la tête du mât était à seulement deux mètres de l’eau. Je me suis mis sur le côté du cockpit pour enrouler le gennaker et essayer de m’occuper de la GV et des étais.


Le bateau à l’endroit, j’avais encore des soucis à me faire. Le vent forcissait. Le gennaker était mal enroulé et risquait de se déchirer. Je n’avais pas d’instrument ni de pilote automatique. J’ai dû affaler le gennaker afin de sécuriser le bateau, avant même de penser à réparer le système électronique. Malheureusement,, parce que la voile était mal enroulée et que le vent se renforçait, elle commençait a s’agiter dans tous les sens au point que j’avais peur que cela provoque un démâtage. J’ai passé du temps à l’enrouler de nouveau pendant que je progressais au portant, la barre entre mes genoux, afin d’essayer de contrôler les winches mais j’ai dû y renoncer. J’ai finalement réussi à rouler la voile et donc à l’empêcher de passer à l’eau. Avec la voile affalée, il m'a fallu deux heures de travail dans des rafales de 40 noeuds de vent pour arranger tout ça.


Une fois le bateau sécurisé, je suis descendu à l’intérieur et j’ai découvert qu'il y avait de l’eau partout. Le bateau avait passé tellement de temps couché sur la mer que des centaines de litres d’eau sont entrées par le puits de dérive. Mes sacs de nourriture et de vêtements étaient au mieux très humides et au pire en train de flotter. J'ai nettoyé les cendres provoqués par le départ d’incendie (la photo qu’il a envoyée montre cette zone une fois nettoyée), j’ai pu rebrancher mes câbles et remettre le pilote automatique en marche. Les petites diodes clignotaient de nouveau, ce qui m’a rendu très heureux, car sinon j’aurais été obligé de rester à la barre pour rallier Le Cap et abandonner la course.




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