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Nouvelles du bord, jour 4: montagnes russes!

Le martèlement sur les hublots est toujours là mais un peu plus faible maintenant, comme si l'océan était un peu fatigué à l'image du skipper. Enfin tout est relatif parce que le bateau continue à surfer à 20 noeuds et le vent souffle dans les 30 noeuds mais c'est plutôt "tranquille" comparé à ce que nous avons eu juste avant.


La première grosse dépression, celle pour laquelle la direction de course nous avait dit de bien nous cramponner, est passée et je suis en ce moment dans sa traine avec de fortes rafales mais sous un ciel dégagé. Après quelques jours à me battre pour la 12e place suivie d'une journée à l'assaut de la dépression, voir la lune m'est apparu comme une délivrance!

Après avoir croisé Arnaud, j'ai décidé de filer vers l'Est, directement sur le chemin de la dépression, avec l'espoir de gagner quelques précieux milles. Alors que les nuages noirs me rattrapaient, les changements de voiles s'enchainaient. Pendant ce temps le vent montait en intensité, les énormes masses noires se rapprochant avec des vagues de plus en plus grosses!


C'est quand même un comble de battre mes records de vitesse avec les plus petites voiles que j'ai à bord non? La toile en place a soutenu les 45 noeuds établis et les rafales à 50 noeuds avec le vent de travers (90° du bateau). Alors que la houle s'amplifiait, les montées et descentes dans l'obscurité s'enchainaient à une telle vitesse que mon estomac s'est cru sur des montagnes russes! La vitesse augmentait au speedo 26, 27, 28 ...29 dans un fracas étourdissant. En traversant les vagues, l'eau passait à travers les chandeliers qui se mettaient à vibrer, un bon avertissement avant l'arrivée d'un véritable déluge dans le cockpit. L'une de ces vagues m'a coupé la respiration tellement elle était puissante, alors que je me m'étais tourné pour éviter de la recevoir en pleine figure. C'était impressionnant de voir le détour de mes épaules et ma tête dans le mur d'eau qui s'envolait à l'arrière du bateau avec la vitesse!


Ces tempêtes sont dramatiques, excitantes, ce sont elles qui me donnent envie de faire cette course. Quand on est dans des zones avec beaucoup de profondeur, pas de de terre autour, les vagues sont fabuleuses, elles nous permettent des vitesses exceptionnelles. Le fait d'être complètement seul, ne pouvant compter que sur notre bon sens marin, notre mental et de profiter de ces moments qui terrifient la majorité des gens ça donne des ailes. Et c'est pour cette raison que j'ai travaillé 10 ans pour être ici aujourd'hui et que je reviendrai un jour!


© Conrad Colman / Foresight Natural Energy #Vendée Globe 17.12.2016



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