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Nouvelles du bord, jour 44: jour de paye!

Je suis en ce moment en train de filer le long de la zone d'exclusion. Direction les Iles Campbell, sous la Nouvelle Zélande, où je devrai arriver pour Noël. J'ai des conditions parfaites, 30 noeuds et rafales à 35, je suis rapide et profite des longs surfs même avec une voilure réduite. Il y a quelques jours, quand j'ai décidé de continuer à aller plein Est, c'est exactement le scenario que j'avais en tête: si j'arrivais à aller suffisamment vite, je pourrais rester avec la dépression et gagner des milles sur Arnaud et Fabrice.


Si vous regardez la cartographie, vous verrez que Louis Burton, qui s'était échappé avec la première dépression est 580 miles devant Nandor qui, lui même, avait réussi à accrocher la seconde. J'ai maintenant 280 milles d'avance sur Arnaud et je devrais avoir plus de vent que lui pendant plus longtemps donc j'espère que c'est ma ma chance de vraiment m'échapper. Quand le break est fait, c'est bien difficile de se rattraper car il faudrait "sauter" d'un système météo à un autre. Je croise les doigts pour que ma tactique tienne.


S'échapper n'est cependant pas de tout repos, comme me l'avait confirmé la dernière dépression et plus récemment mes manoeuvres cette nuit. Alors que j'approchais de la zone interdite, le vent a continué à augmenter jusqu'à souffler à plus de 40 noeuds et le bateau accéllérait sur les vagues envoyant un vrai déluge dans le cockpit. Pas l'idéal pour manoeuvrer! Les nuages couvraient la lune, me laissant naviguer à l'aveugle avec seulement ma lampe frontale pour allié et mon expérience pour choisir le bon moment. Profitant d'un moment de répit dans les rafales, j'ai d'abord passé mon grand foc de 170m2, j'avais une voile de chaque côté et m'envolait vent arrière tel un oiseau. Pendant une accélération du bateau j'ai pu passer la grand voile à son tour, attendant le bon moment pour que la pression soit moins forte et ne sollicite pas trop les grééments. Les empannages (changement de cap quand le vent souffle de l'arrière) sont un peu comme des bonnes blagues, chaque élément doit arriver au bon moment pour que ça marche, sinon la sanction est bien plus grave que pour une blague ratée!


J'ai dû répéter la manoeuvre rapidement après pour reprendre le bon cap. Le vent soufflait toujours à 30 noeuds dans la nuit noire. Seulement quelques minutes après, le ciel s'est dégagé laissant apparaitre une belle lune qui m'aurait été bien utile quelques instants avant! La nature aime nous jouer des tours. De toute façon cette manoeuvre, que je répète encore et encore depuis que j'ai commencé la course au large sur la Mini Transat 2009, est devenue un automatisme. J'ai la chance d'être encore là, une pensée pour Thomas et son aventure qui s'arrête brutalement... Demain est un autre jour.


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